HISTORIQUE DES FILLES DE LA CHARITÉ À NANTES (Loire-Atlantique) 1646-1994

1646
En août, à la demande des administrateurs de l’Hôpital, Louise de Marillac conduit à Nantes les premières Filles de la Charité qui s’installent l’Hôtel-Dieu. Vincent de Paul leur rend visite. Elles y restent quinze ans, mais des difficultés rencontrées conduisent celui-ci à les rappeler à Paris en 1665. A cette date l’Hôtel-Dieu est déplacé vers la prairie de la Madeleine.

Au début du XIXe siècle, les Dames de la Charité sont très nombreuses à Nantes. Le Bureau de bienfaisance de la Ville fait souvent appel à elles. Soixante-douze Dames se répartissent en dix-sept sections pour visiter les pauvres et les malades.

1817
L’une d’elles, Madame Marie, écrit à la Supérieure générale des Filles de la Charité pour demander l’envoi de Sœurs.

1819
Sous la présidence du maire Louis de Saint-Aignan, il est décidé de faire venir six Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul, logées aux frais de l’administration dans un immeuble de la rue Saint-Jean, l’hôtel Saint-Aignan, afin de soigner les malades et d’alléger la tâche des Dames de la Charité. Le 10 décembre 1819 a lieu la fondation de la maison des Filles de la Charité de la paroisse Saint-Pierre. Les Sœurs s’y installent pour la visite des pauvres et les soins aux malades.

1823
Trois autres Sœurs arrivent pour assurer l’enseignement aux petites filles pauvres. Les Sœurs sont logées dans l’ancien hôtel de Saint-Aignan, de style gothique, au 8 rue Saint-Jean.

1840
Un traité est conclu entre les administrateurs du Bureau de bienfaisance et la Supérieure générale des Filles de la Charité. L’article 1er indique que les Filles de la Charité seront quatorze au service du Bureau de bienfaisance de la Ville de Nantes, et l’article 3 précise :
« Elles seront placées, quant aux rapports temporels, sous l’autorité de l’Administration charitable » (photo).

La maison compte quatorze Sœurs : cinq sont chargées des classes ; deux apprennent aux enfants à coudre et à faire la cuisine ; trois visitent la paroisse Saint-Pierre ; une autre est affectée à la cuisine ; deux Sœurs visitent les pauvres de la paroisse Saint-Similien ; enfin, la Sœur servante dirige la communauté.

1841
Le 15 octobre, un traité concernant les prisons de Nantes est signé entre l’Administration des prisons de la Ville de Nantes et la communauté des Sœurs de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul. Deux Filles de la Charité sont spécialement attachées au service des prisons de la Ville. Elles sont chargées du soin des malades, de la surveillance des infirmiers et infirmières, ainsi que de l’application des prescriptions des médecins. Elles s’occupent également de la lingerie et du vestiaire de la maison d’arrêt et aident l’aumônier, principalement dans les quartiers des femmes et des enfants.

1852
Les deux Sœurs de la paroisse Saint-Pierre qui visitaient la paroisse Saint-Similien s’installent rue de Bel-Air.

1855
Fondation d’un orphelinat à Saint-Pierre ayant pour but d’accueillir trente à trente-cinq jeunes orphelines de père ou de mère. Elles fréquentent l’école jusqu’à l’âge de treize ans puis sont placées selon leurs aptitudes. Elles restent à l’orphelinat jusqu’à vingt et un ans.

1862
Un ouvroir, situé au 4 rue Saint-Jean, accueillant vingt à trente membres, est ouvert afin de prolonger l’action de l’orphelinat et d’accueillir également en externes des jeunes filles pauvres et sans travail. Après deux ans et demi d’apprentissage de la couture et du repassage, elles trouvent des places dans des maisons de commerce ou comme femmes de chambre. Si elles le souhaitent, elles restent à l’ouvroir où elles sont rémunérées.

1897
Un traité entre le curé de la paroisse Saint-Pierre de Nantes, le comité des Dames des Écoles de la paroisse et la Supérieure générale des Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul fixe les conditions selon lesquelles l’école paroissiale Saint-Pierre de Nantes est confiée à la communauté.

1910
Avec la laïcisation, les Sœurs enseignantes refusent de se laïciser et se retirent. Les Sœurs de Saint-Gildas les remplacent, puis, par la suite, les Frères des Écoles chrétiennes.

Cette même année, une Sœur est nommée pour effectuer les visites dans la paroisse Saint-Clément.

1914-1916
Pendant la Première Guerre mondiale, le Bureau de bienfaisance s’installe dans un autre local. Les Sœurs restent pour assurer les distributions de bons et de « bouchées de pain ». Elles organisent également une cantine et des secours aux victimes. Une sorte de centre professionnel est institué l’Œuvre des apprentis.

1918
Fermeture de l’ouvroir externe.

1921
La maison de Saint-Similien devient autonome. Un foyer de jeunes filles y est ouvert ; il sera transformé par la suite en foyer pour personnes âgées.

1934
Reconnaissance légale de l’établissement.

1937
Décret-loi autorisant légalement l’orphelinat.

1941
Les jeunes du foyer partent à Monnières, maison de campagne servant de colonie de vacances pour la maison. Avec la guerre, le centre professionnel est fermé. La communauté répond alors aux exigences du moment.

1942
Ouverture d’un restaurant ouvrier destiné aux travailleurs et travailleuses, à la suite de la fermeture du centre professionnel ; les enfants sont évacués à Monnières. Les Sœurs ouvrent également le foyer Bonne-Garde pour les jeunes filles des environs travaillant à Nantes.

1957
La maison de Saint-Similien ferme. Les deux Sœurs sont accueillies rue Saint-Jean et poursuivent les visites à domicile, les catéchismes et les patronages.

1959
Fermeture de la Bonne-Garde.

1960
De nombreuses œuvres de jeunesse et œuvres sociales ont leur siège rue Saint-Jean.

1961
Ouverture du foyer « Marguerite Naseau » (1), destiné à accueillir les jeunes filles ayant des aspirations à la vocation religieuse ; il ferme quatre ans plus tard.

1965
Le bulletin paroissial de la cathédrale de Nantes évoque la vie des Filles de la Charité :

« La journée commence à 5 h 30 et se termine à 22 h. La maison compte onze Sœurs, dont une Sœur en études et une Sœur à la paroisse Saint-Similien. Elles assurent des œuvres et services multiples. À l’intérieur de la maison, une Sœur, aidée de quatre employées, assure la buanderie, la cuisine et l’économat. L’entretien de la chapelle, qui, en période d’hiver, en plus de la messe de communauté, est souvent demandée pour deux ou trois messes quotidiennes. La Supérieure est chargée des relations avec les différents organismes, les assistantes sociales, mais surtout avec les cent personnes qui composent la maison. Toutes les Sœurs participent aux différentes réunions spécialisées des unions de religieuses, aux cours de perfectionnement, sessions, congrès, conférences religieuses et à la retraite annuelle de dix jours. »

1971
La communauté poursuit ses œuvres : visite des malades à domicile (deux Sœurs) ; centre de soins (une Sœur) ; maisons d’enfants accueillant des filles (deux Sœurs) ; colonie de vacances et club de vieillards (une Sœur) ; Fraternité des malades (une Sœur) ; catéchisme à la paroisse (une Sœur) ; « Âmes Vaillantes » et patronages ; groupe « Louise de Marillac » ; groupe marial (une Sœur) ; conférences de Saint-Vincent-de-Paul ; vestiaire pour les pauvres (une Sœur) ; Bureau d’aide sociale et distribution des secours de la mairie (trois Sœurs).

1973
Suppression des visites à domicile.

1974
Une Sœur aînée participe deux fois par semaine à la vie d’un club du troisième âge, « Vie montante ». Son office de sacristine la met en relation fréquente avec des personnes connues ou inconnues lui faisant part de leurs souffrances et de leurs difficultés. La maison est très ouverte à toutes les misères.

1977
Fermeture du centre de soins.

La maison d’enfants évolue peu à peu afin de suivre la nouvelle législation et de répondre aux besoins des jeunes. Une Sœur est nommée directrice ; deux Sœurs diplômées arrivent ; une Sœur infirmière assure un mi-temps ; des laïques sont embauchées. Ensemble, elles forment une équipe éducative et appliquent les normes en vigueur.

1994
Fermeture de la communauté du 8 rue Saint-Jean.

Le Service des Archives de la Province Belgique France Suisse

  • Marguerite Naseau : première Fille de la Charité, née en 1594 à Suresnes et décédée de la peste à Paris en 1633.