Jubilés des soeurs – Suisse 27 juin 2026
Jubilé Sr Emmanuelle Donzallaz

Quand je regarde Sr Emmanuelle, je vois en elle, l’histoire d’une migration.
Une vie en plusieurs actes. Des vocations dans la vocation ? Une vocation ou des vocations ? Ce pourrait être le cas pour plusieurs d’entre-nous.
Pour Sr Emmanuelle, de migration en migration jusqu’au Point d’Ancrage.
Ton histoire commence à Fribourg.
Tu vas et vient, de la ville haute à la Basse-Ville. Il me semble que pour une part, dans ta jeunesse, dans la même paroisse, tu as suivis un peu le même parcours que Sr Sylviane !
En passant par la Providence, en faisant quelques détours et en y revenant.
De l’enseignement à la catéchèse, des enfants aux adultes, puis de l’engagement pastoral à l’engagement social… Fribourg, Montreux, Morges, Genève, Grand-Lancy, Plan-les-Ouates, Granges-Paccots et retour à Fribourg. Tu « migres » en suivant les besoins de l’Eglise locale, des Unités pastorales, toujours en t’ajustant aux réalités. « Tu n’es ni d’ici, ni de là » , mais de partout où le Seigneur T’a envoyé.
Pour la catéchèse, tu te servais parfois de tes dons pour le théâtre, et pas seulement dans la catéchèse. Pour nos rencontres provinciales aussi ! La preuve, un document d’archives que j’ai plaisir de te remettre aujourd’hui. Il te rappellera nos rencontres provinciales, celles d’avant !
Dans ton parcours, une grande fenêtre s’est ouverte : Comme Sr Sylviane, tu as été envoyée en mission au Cameroun : Dchang, Foumban, Douala et Zouzuoui. Tu y as passé sauf erreur 15 ans. Tu nous parlais souvent de Foumban et du Père Romain ! Sans doute une expérience marquante.
Ton expérience missionnaire n’est sans doute pas indifférente à tes engagements ultérieurs. Ta sensibilité à la situation des étrangers et déplacés a fait émerger en toi une nouvelle vocation. Depuis Morges, tu réponds à l’appel des migrants et t’y engages, en migrant toi-même, en train, de Morges à Granges-Paccots, avant de revenir à Fribourg, pour te rapprocher d’eux.
Mais déjà à Genève, en plus de la catéchèse, tu n’avais pas été indifférente aux migrants, aux sans papier, aux sans logement. Je m’en souviens… Pour eux, tu avais pris des risques, bravé des interdits, contourné des lois. Tu avais trouvé des logements pour ceux qui n’en avaient pas. Pour cela, tu as fait preuve d’audace. Au centre, tu plaçais toujours l’humain.
A Fribourg, la création du POINT D’ANCRAGE t’a permis de vivre pleinement une vocation qui était en germe depuis toujours. Une nouvelle approche du service des pauvres, une autre proximité. Les migrants sont devenus ta famille, ta raison de vivre, ton but.
Ils ont canalisé tes énergies, et ti en avais encore à dépenser !
Est né le Point d’Ancrage- Avec Sr Claire, tu en as suivi l’évolution depuis le début, dans une collaboration étroite avec les laïcs, les Communautés religieuses de Fribourg, les Institutions, tout en faisant face à divers obstacles.
Il est vrai que sans conviction, sans espérance, nous ne pouvons pas aller de l’avant, ni rejoindre celles et ceux qui en ont le plus besoin.


Nous te remercions pour ton témoignage, ta disponibilité tout au long de tes engagements, divers et variés et que tu poursuis encore au POINT D’ENCRAGE.
Nos VŒUX : que pour les années à venir, le Dieu Trinité soit ton principal POINT D’ANCRAGE.
En reconnaissance, nous te dédions cette chanson d’Enrico Maccias, Enfants de tout pays.
Jubilé de Sr Hélène Vogel

En ce temps-là, c’était après 1848, le Seigneur Dieu, se promenait jusque dans la Suisse profonde et en Singine, cette Suisse qui commençait à exister, telle qu’elle est aujourd’hui. Dieu aimait ses montagnes, ses pâturages, et la paix qui régnait dans ses vallées et dans ses fermes. C’était l’époque où le Seigneur Dieu se faisait entendre en allemand ! Dieu appelait. Et son appel était perçu en allemand.
Comme si, il y a 60 ans, Dieu s’était souvenu de cette terre fertile d’où certaines avaient déjà entendu son appel. Pour Dieu, il n’y avait pas de barrière de röstis ! Dieu appelait et ce n’était pas dans le désert, mais dans les verts pâturages de la Suisse.
Souvenons-nous…et pardonnez-mois de citer en ordre dispersé, celles qui un jour ont servi les pauvres en Suisse française. Il serait préférable de prononcer leurs noms avec l’accent, ce serait plus authentique. Elles ont précédé Sr Hélène, notre sœur jubilaire que nous avons de la joie à fêter aujourd’hui.
Souvenons-nous de Sr Angèle Hersche, de petite taille, était un symbole parfait d’Appenzell. Sr Bernadette Schenker, de Soleure, Sr Bernadette Wallimann, Sr Elisabeth Schmidlin, Sr Marie Joseph Boschnung, Sr Vincent Peyer, Sr Gertrude Kraushaar, Sr Aurélie Nauer, Sr Catherine Mungenhast. Sr Marie Madeleine Stauble, Sr Gertrude Fuchs,Sr Claire Pfister, Sr Anne Catherine Birrer, etc. Il est évident qu’avec toutes ses sœurs, notre ex-Province était un peu plus bilingue qu’elle l’est actuellement.
Revenons à Sr Hélène…
De Suisse allemande à l’Algérie, il fallait le faire ! Une jeune fille audacieuse ! A l’époque où le Pape Leon XIV n’était pas encore passé par la Sacrada Familia, Sr Hélène apprenait l’espagnol à Barcelone afin de pouvoir se rapprocher de la population espagnole, qui venait en Suisse pour travailler.
Dieu a besoin de relais et, dans le cas de Sr Hélène, il s’est servi d’un oncle qui s’est fait « appelant », mais elle ne se sentait pas concernée. Comme le Seigneur est patient et que ses voies sont insondables, c’est au contact des Sœurs en Algérie que le service des pauvres a pris corps en elle.
De la Suisse allemande à l’Algérie, et de l’allemand au français. J’entendais souvent Sr Hélène dire « Geld ». « Geld ». Je me demandais pourquoi elle terminait ses phrases en parlant d’argent ? Un jour, j’ai compris que « Geld », était « Gelt », A comprendre : « n’est-ce pas « ?
De l’allemand au français et du français à l’espagnol. Du Sonnenberg, puis de la rue du Moléson, Sr Hélène rejoignait les Paroisse St Jean puis St Pierre pour participer à la messe dominicale avec la Communauté hispanophone.

De Fribourg Providence à l’Hôpital de Billens
A la Providence, (Epahd) Sœur Hélène était infirmière, au service du 4ème âge. Elle assumait bien ce rôle, très attentive aux besoins des personnes âgées. Elle était particulièrement appréciée pour son dévouement et son accompagnement des stagiaires. Aujourd’hui, elle serait MENTOR ou COATCH ou FORMATRICE. Son rôle en aurait été valorisé !
Les stagiaires l’appréciaient car elle avait un sens pédagogique et une grande patience pour montrer, expliquer, répondre à leurs questions
A Billens, comme veilleuse, elle a écrit une nouvelle page de sa vie surtout au service des mamans. Il paraît qu’elle se déplaçait en trottinette pour apporter les bébés chez leur mère.
Il faut dire qu’une de ses qualités est l’attention et la disponibilité.
A Mézières, lorsqu’elle travaillait à Billens, Sr Hélène vivait jour et nuit
De nuit, veilleuse à l’Hôpital, de jour, elle veillait sur le jardin de la cure. C’était sa détente.
De plus, elle avait une ouverture missionnaire vers la Mauritanie. Elle y associait les dames du village pour confectionner des petites vestes à capuchon destinées aux nouveau-nés et bébés, car il fallait que les yeux des enfants soient protégés du sable. Cela répondait à un besoin.
Depuis quelques années, , à la rue du Moléson, toujours dans la ligne du SERVICE Sr Hélène est devenue lingère. La lessive lui rythme sa vie autant que la prière et les repas.
Sr Hélène, au nom de toutes les sœurs nous voulons te dire MERCI, pour ton témoignage de vie et service à la Communauté. Un service nécessaire, reconnu et apprécié, en tout temps et en tout lieu.
Que le Seigneur, qui t’a animée depuis ta jeunesse, soit encore ta paix et ta joie.
Merci Sr Hélène
Jubilé sœur Sylviane De Reyff

Comme vous le savez, depuis quelque temps notre Pape Léon XIV aime revenir à Vatican II, et commenter le Document « la Sainte Liturgie ». C’est Lui qui a inspiré mon petit message adressé Sr Sylviane au nom de nous toutes.
Si « la liturgie n’est pas toute l’activité de l’Eglise », heureusement ce n’est pas non plus toute l’activité de Sr Sylviane.
Aujourd’hui, nous aimerions te dédicacer un beau feuillet, illustré, bien cadré, pour t’exprimer notre reconnaissance. Mais les nuits sont si chaudes que tu devras te contenter de cette modeste expression.
Depuis quelques années, la liturgie, la préparation des célébrations, à certains moments, occupe une bonne part de ta vie. Tu en portes le souci, en lien avec l’église-Providence, entre Neuveville 3 et Neuveville 12, « allant et venant », entre pratiquants du dehors et du dedans, entre bien portants et résidants et, de temps en temps, entre la rue de la Neuveville et l’Av. du Moléson.
Chère sœur Sylviane, depuis longtemps, la liturgie a pris place dans ton quotidien. Cela va au-delà des Offices de la Communauté… Très souvent nous nous reposons sur toi, sachant que nous t’empêchons de te reposer ! Nous fermons les yeux sur cela, tout en sachant que tu devras garder les tiens ouverts.
De nuit, entre le Monastère de Montorge et l’Abbaye de la Maigrauge, peut-être que l’inspiration est plus féconde. Alors que les contemplatives dorment, Sr Sylviane veille.
Quand nous avons besoin de vivre une célébration, une fête, – comme celle d’aujourd’hui – , un anniversaire ou des funérailles, nous nous tournons vers toi. Dans la mesure du possible, nous te prêtons encore nos voix ! Nous sommes avec toi, solidaires, pour faire du neuf avec du vieux ! Et ça marche !
Nous sommes sûres que cela sera fait, bien fait et fait à temps.
« Corporellement et spirituellement »….tu le vis aussi dans la liturgie !
Nous te comprenons :
Tu ne peux pas revenir aux feuillets de l’année dernière, cela ne va plus. Il faut actualiser.
Des fêtes de la communauté à penser
La musique et les partitions à chercher, car tu ne laisses rien au hasard !
Des personnes à contacter
Un réseau à entretenir
De la participation à susciter
Des funérailles à préparer, etc.
Le cadrage, la mise en page et le respect des marges !
Des feuillets à imprimer et à distribuer.
La liturgie, seul Dieu sait l’énergie que tu y dépenses, mais elle est une des expressions de tous tes dons. Avec patience, endurance et créativité. tu sais t’adapter et adhérer au réel. C’est toujours nouveau et toujours beau.
Pour revenir à notre Pape Léon, citons St Augustin : « celui qui chante, prie deux fois ». Et, pour toi, quand c’est de nuit, alors le bénéfice en est démultiplié ! Les unes et les autres nous en bénéficions.
En parlant de ton service pour la liturgie, je ne veux pas ignorer, ta fidélité, dans ta longue carrière de Secrétaire. Notre ex-Province tu la bien connues, comme Secrétaire, comme Sœur Servante, comme Conseillère.
Comme secrétaire, tu pourrais être inscrite au Guiness Book de la Compagnie. Après nous, il y en aura qui, peut-être, consulterons les Archives et y trouveront ton nom, immortalisé.
Comme je l’ai dit : si « la liturgie n’est pas toute l’activité de l’Eglise », ce n’est pas non plus toute ton activité!
Entre Fribourg et Fribourg, et quelques placements temporaires, il y a eu, surtout, une grande parenthèse : le CAMEROUN. Nous ne voulons pas oublier ces 4 années où, animée d’une grande générosité, tu es partie sur une terre étrangère. Croire que tu as toujours vécu à Fribourg, serait oublier cette ouverture missionnaire.
De plus, à Fribourg, tu t’engages dans plusieurs associations : Présidente de l’ASCOREF, membre de l’ACAT et j’en oublie certainement. En plus de cela, tu es toujours disponible comme sœur-servante, chauffeur, etc. fonction que tu accomplis toujours avec disponibilité, discrétion et gentillesse.
En fêtant ton Jubilé, il est bon de nous en souvenir, de te remercier et de rendre grâce au Seigneur pour ce que tu es.
Pour conclure, j’ai puisé dans ta généalogie familiale, cette réflexion d’un grand intellectuel fribourgeois, Gonzague de Reynold :
Il a écrit :
« Le héros, ce n’est point seulement celui qui meurt sur un champ de batailles, c’est celui qui durant toute une vie, prends dès l’aube sur ses épaules, son lourd devoir et le porte jusqu’à la nuit, sans murmurer. Celui qui, pour une tâche sans gloire, abandonne avec un cœur simple sa demeure où l’on a besoin de lui et s’en va, où l’envoie le devoir ».
« Le Héros qui ne fait pas de bruit ».