Les Filles de la Charité à ORTHEZ – Une Maison de Charité de 1963 à 1990

Orthez est une ville située sur la rive droite du Gave dans les Pyrénées-Atlantiques, ancienne capitale du Béarn. Un pont fortifié, appelé « Pont Vieux » enjambe le Gave de Pau à Orthez. C’est une ville importante près de la voie reliant Toulouse à Dax.

Dès 1767, les Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul ont été appelées dans cette Ville pour soigner les malades dans l’Hôpital en 1767.  

Dans les années 1960, ORTHEZ prend de plus en plus d’importance en raison de la proximité du gisement des pétroles de Lacq. Beaucoup de jeunes fréquentent les Etablissements scolaires et rentrent le soir dans les environs qui se peuplent de plus en plus. 

A la demande de l’Association « Maison CHESNELONG », deux Filles de la Charité de l’Hôpital sont détachées pour les soins à domicile et les œuvres paroissiales. Mais cela ne peut guère durer en raison des difficultés   liées aux œuvres si différentes.

La Maison CHESNELONG, au 15 rue de l’Horloge à ORTHEZ, avec une sortie secondaire rue des Jacobins, est depuis la donation faite par Messieurs CHESNELONG, propriété de la Paroisse. Elle est administrée par une Association dont les membres appartiennent à l’équipe des prêtres de la Paroisse. Cette maison est proposée à la Communauté des Filles de la Charité pour installer des œuvres paroissiales en dehors de l’Hôpital.

Un des premiers avantages de cette maison autonome est d’installer un « Foyer-d ’Accueil » pour les jeunes étudiantes et travailleuses qui pourront ainsi prendre leur repas de midi et trouver une salle de séjour à leur disposition pendant leurs heures de liberté entre les cours ou avant le départ en autobus.

Le 15 septembre 1963, trois sœurs arrivent, les deux Sœurs de l’Hôpital et une Sœur servante forment la Communauté qui ouvre le Foyer Saint Vincent. L’une pour les soins à domicile dans la zone d’Orthez comprenant 14 villages sur un rayon de 10 km, l’autre pour les soins à domicile et les œuvres de jeunesse. La Sœur servante est très intégrée dans la pastorale. Il s’agit de créer un Centre de soins et une maison d’accueil pour les jeunes travailleuses sous forme de restaurant, au départ midi et soir. Et dans son ensemble la maison reçoit les différents groupes d’Action catholique et autres qui désirent un lieu de réunion.

Le 30 mars 1967, un contrat est signé pour une durée de 10 ans, à compter du 1er septembre 1963, renouvelable par tacite reconduction en période décennale. Ce contrat est signé entre le Chanoine Joseph SOUBIES, Archiprêtre d’Orthez, et Sœur Suzanne GUILLEMIN, Supérieure générale : 

« L’Association Maison CHESNELONG a pour but de promouvoir dans la Ville d’ORTHEZ, soutenir et favoriser les Œuvres d’Education, d’Instruction et de Culture Chrétiennes, intellectuelles, artistiques et professionnelles au profit des habitants d’Orthez et de la Région. Elle a fait appel à la Compagnie des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul et lui a demandé de contribuer à la réalisation de son but, ce qui a été accepté par la Compagnie depuis le 1erseptembre 1963 ».

Il n’y a pas d’évolution dans les années qui suivent. Puis, le Centre de soins connait un accroissement des appels qui sont de plus en plus nombreux. Mais le Foyer-Restaurant ressent la crise de l’emploi qui sévit à Orthez. 

Depuis son origine, la Communauté locale a connu une succession de Sœurs, mais peu à peu une stabilité s’installe et la Communauté compte 6 Sœurs qui assurent les activités suivantes : 1 Sœur à l’accueil du Centre de soins, 1 Sœur pour les soins à domicile en ville et 1 autre Sœur pour les soins à domicile dans les villages, la Sœur servante assure des soins et la catéchèse. La 5ème Sœur est maitresse de maison.

Il n’y a pas d’infirmière dans le secteur, les médecins font appel aux Sœurs pour les soins. Dans l’un des villages, c’est encore le Curé qui fait les piqûres. Le travail des Sœurs est intensif.

Une réflexion de la Communauté évoque la situation des œuvres : « Les locaux sont entretenus convenablement à l’intérieur par les soins de la Communauté, mais les locaux sont vétustes à l’extérieur. Financièrement, l’apport des soins à domicile permet de faire face et d’équilibrer un budget qui serait largement déficitaire s’il n’y avait que le prix des repas du Foyer-Restaurant. Les jeunes qui fréquentent notre foyer sont des jeunes ouvrières rurales travaillant dans les usines et ateliers ou bureaux d’Orthez. De conditions très modestes elles sont heureuses de trouver l’accueil et la possibilité de prendre le repas de midi à un prix modique. Une grande salle avec télévision est mise à leur disposition pour la détente avant la reprise du travail. Nous recevons aussi les groupes d’A.C. du Diocèse et du secteur, les prêtres désireux de se rencontrer en un point central du Diocèse. Les jeunes Scouts se regroupent chez nous ainsi que les deux sessions de préparation au mariage ». 

Les statistiques de la Communauté de 1979 à 1989 mentionnent que le nombre de Sœurs est resté stable entre 5 et 6 Sœurs, mais l’âge moyen des Sœurs augmente d’année en année.

Les activités se sont poursuivies entre le Foyer-Restaurant avec un accueil de 30 à 35 jeunes, les soins au Centre de Soins et à domicile. Les Soeurs assurent les Catéchismes paroissiaux et prennent part à la formation des « mamans catéchistes et de l’éveil à la Foi ». Une Sœur infirmière poursuit toujours son service à l’Hôpital. 

Au fil des ans, la maison connaît une évolution due aux appels : elles font des visites aux familles portugaises et isolées (95 visites en moyenne par an). Elles se sont insérées dans des groupes avec des laïcs : « Vie Montante », Secours Catholique, alphabétisation et soutien scolaire, Banque Alimentaire.

Au cours des années, la mission de la Communauté s’est notoirement modifiée, du fait du manque de Sœurs, pour deux raisons :

  • une impossibilité de poursuivre les soins à domicile par manque de Sœur infirmière
  • le restaurant de Jeunes Travailleurs ne répond plus à un besoin réel

Aussi, décision est prise par la Visitatrice de la Province de TOULOUSE de fermer la Communauté d’ORTHEZ. 

Le 30 juin 1990, au départ des Sœurs d’ORTHEZ, le Conseil Pastoral écrit :

 « Au nom de la paroisse, nous voulons très simplement les remercier et leur dire que leur départ créera un grand vide, mais que nous resterons unis à elles par la prière. Elles ont accompli cette lourde tâche avec une générosité et un dévouement qui leur valent la reconnaissance de tous ».Les Prêtres de la Paroisse, les paroissiens doivent donc prendre entièrement en charge les destinées de cette maison. Dès le départ des Sœurs le 1er juillet, l’Association doit continuer à gérer matériellement la maison, reprendre toutes les activités des Sœurs, pour faire de cette maison « La Maison Paroissiale ». Un appel est lancé à tous ceux qui souhaitent participer à cette œuvre.