Les Filles de la Charité à ARLES

ARLES est située au Sud-Est de la France, dans le Département des Bouches-du-Rhône. Les campagnes arlésiennes sont très étendues, de la plaine du Trébon aux Alpilles, la Crau et la Camargue. Au XIXème siècle, la ville se transforme de gros bourg agricole et portuaire, en ville ouvrière. Deux lignes de chemin de fer permettent le développement de la Camargue. De nombreux étrangers sont accueillis, en particulier des italiens.

Saint Vincent de Paul écrit le 26 février 1647 à l’Archevêque d’Arles qui demande des Sœurs pour remplacer les Cézarines de l’Abbaye des Césares (pour l’Hospice de Saint Césaire). Saint Vincent s’excuse mais il y a d’autres urgences.

Il faut attendre mai 1851 pour que Monsieur Remacle, Maire d’Arles, et son Conseil Municipal demandent des Sœurs et s’adressent à nouveau aux Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul. Elles sont appelées pour diriger une crèche, le Bureau de Bienfaisance, une petite école. 

Le 17 mai quatre Sœurs arrivent à Arles et s’installent place Cays. Cette maison est située dans l’enceinte même du Théâtre Antique. Elles y restent onze ans. Elles sont appelées par les Arlésiens « Sœurs aux grands chapeaux ». Dès la fondation, elles visitent les pauvres et font des soins à domicile. 

Le 8 décembre, elles ouvrent la crèche avec 6 berceaux pour les enfants de 15 jours à 3 ans. Le premier Règlement est rédigé par Madame la Baronne du Roure et quelques dames. Beaucoup de jeunes femmes sont engagées dans les grands Mas de Camargue les jours de grandes lessives, de la fabrication du pain et au moment de certaines récoltes. Leurs enfants arrivent à la crèche à partir de 5h du matin et restent jusqu’au soir tard. 

Un orphelinat de 50 lits est ouvert. Il reçoit les filles de 5 à 21 ans. Un « ouvroir » permet aux jeunes filles de travailler. L’ouvroir accueille aussi des filles externes. Une petite école fonctionne pour les internes et quelques petites filles pauvres. Elle est fermée au moment de la laïcisation. Les enfants fréquentent une école privée dite « Jeanne d’Arc » qui ferme à son tour en 1926.

En 1862, elles arrivent à l’Hôtel de Barras 4 rue Tour du Fabre laissé en legs à la Commune d’Arles, suivant le vœu de Monsieur l’Abbé Montagard, archiprêtre de la Primatiale Saint Trophime qui désirait y voir les œuvres des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul s’y établir « pour le plus grand bien des pauvres et des enfants ». Les débuts sont difficiles et les difficultés de longue durée. Soeur Robin fait construire la chapelle en 1871 sur un terrain mitoyen de l’Hôtel de Barras. 

Rue de Barras

En 1870, la Mairie reprend le Bureau de Bienfaisance et la pharmacie. Après la laïcisation, l’école est fermée.

Le XXème siècle est marqué par les crises vinicoles, la guerre de 14-18 et un retrait des cultures sur le territoire arlésien au bénéfice de l’élevage. La riziculture se développe en Camargue

En 1901, début de l’œuvre des patronages dans 3 Paroisses de la Ville.

Pendant la Guerre 1914-1918, Sœur Berthe AYASSE, infirmière de la Croix-Rouge, est Directrice de l’Ambulance d’Arles. Elle meurt victime de son dévouement au chevet des blessés à 42 ans. 

« Elle est reçue aux examens de la Croix-Rouge en 1911… Elle vient à Arles, Maison de Charité rue Tour du Fabre en 1915 pour les soins aux Militaires de l’Hôpital, où elle est nommée Infirmière Major. Cet Hôpital est situé au Collège Frédéric Mistral, ouvert en 1914, il est prévu pour 50 lits. Rempli par l’arrivée d’un seul train de blessés, il passe rapidement à 120 lits puis 160 avec l’ouverture d’une annexe de 20 lits au couvent du Bon Pasteur. Il est placé sous la direction d’une Médecin Major, assisté de 37 infirmières du comité d’Arles et de religieuses de l’Institution St Vincent de Paul. Fermé le 15 juillet 1917, il est utilisé par la Ligue contre la Tuberculose et l’œuvre des Réfugiés des régions envahies ».

En 1917, ouverture de la Bonne Garde (1). Les Mouvements « Ames Vaillantes » et « Joies de France » sont très vivants.

A partir de 1917 et après la guerre, les Sœurs emmènent les internes à Entressain (Bouches-du-Rhône) pendant les vacances. Petit à petit, des externes du patronage s’y ajoutent.

En 1918, ouverture du Dispensaire antituberculeux destiné en principe aux nombreux « blessés de la guerre » 1914-1918. Cette Œuvre Antituberculeuse des Bouches du Rhône est confiée aux Sœurs d’Arles. 

En 1920, il est question de fermer la maison malgré les 40 à 45 enfants de la crèche et quelques orphelins en pension complète de l’Hôtel de Barras. Des dames de la ville, au courant de cette situation, font tout ce qu’elles peuvent pour faire face aux urgences et aider la Communauté. 

En 1923, une nouvelle Supérieure de 32 ans est envoyée, Sœur Thérèse ASTIER. A la fois fort dévouée, tenace, dynamique et entreprenante. Elle donne une impulsion nouvelle aux œuvres de la rue Tour du Fabre, et cela pendant 25 ans. Elle modernise les locaux et le trousseau des orphelines. Son souvenir est très vivant dans la population. 

En 1927, une petite Ecole et trois classes enfantines sont ouvertes, elle prend le nom d’Ecole Jeanne d’Arc, pour assurer un enseignement chrétien aux internes. Quelques externes s’y ajoutent et les effectifs augmentent. En plus des orphelines, l’internat reçoit des élèves de l’Ecole Jeanne d’Arc d’origine modeste habitant trop loin pour rentrer chez elles le soir.

En 1936, Sœur Gabrielle GOIRAND fonde auprès du Docteur REY le Dispensaire Antituberculeux. Elle est la première Infirmière-visiteuse du Dispensaire. Décédée à 69 ans, les journaux de toutes tendances font son éloge et lui rendent un vibrant hommage.

Obsèques de Sr Gabrielle Goirand

« Elle est une des figures les plus populaires de la Ville, pendant 17 ans on l’a vue inlassablement arpenter nos rues de ce pas rapide et cadencé, un peu alourdi les derniers temps, qui imprimaient son rythme aux souples ailes de la cornette blanche. Elle allait visiter les malades, sans se laisser rebuter par les intempéries de la saison, la longueur de la course, l’insalubrité et la malpropreté du logis, les dangers de la contamination… Avec la notion du devoir et son infinie bonté, elle accomplit sa mission avec un tact irréprochable et une conscience droite. Elle ne cesse d’être l’ange gardien des malheureux qu’elle soigne et console sans se soucier de leurs opinions, de leur religion, de leur rang ». 

Oeuvre Antituberculeuse des Bouches-du-Rhône – Dispensaire d’Arles 

En 1939, ouverture d’une colonie sanitaire au bourg de Berbezit, lieu-dit « Le Château » à La Chaise-Dieu en Haute-Loire. De nombreuses améliorations en font une colonie bien équipée. Elle reçoit chaque année 150 enfants de 6 à 13 ans lors de deux séjours. 

En 1942, l’Etablissement est légalement reconnu par Décret du 26 février.

En 1944, les bombardements de la Seconde Guerre mondiale détruisent plus d’un quart de la Vile d’Arles surtout des ponts et la gare ferroviaire. 

En 1947, l’œuvre Antituberculeuse des Bouches-du-Rhône passe au Service Départemental d’Hygiène. La Préfecture établit un contrat avec la Communauté pour l’insertion de deux Sœurs Assistantes Sociales : la première est pour le Dispensaire Antituberculeux, la deuxième est pour la Protection Maternelle et Infantile.

En 1947, fermeture de la Bonne Garde.

Après la deuxième Guerre Mondiale, les œuvres allèrent toujours se développant jusqu’à 320 enfants dans l’Ecole, 30 à la crèche, 175 jeunes aux mouvements « Ames Vaillantes », « « Croisade Eucharistique, « Joies de France » et « Enfants de Marie ».

En 1948, à l’Ecole Primaire Jeanne d’Arc s’ajoute un Cours Complémentaire avec Section Technique afin de donner une formation professionnelle aux jeunes après l’obtention du Certificat d’Etudes. Elle compte au départ 7 élèves dans la branche couture et la branche commerciale. Très vite, les effectifs augmentent Les élèves obtiennent de nombreux succès au B.E.P.C.

En 1951, le Cours Complémentaire prend de l’extension, la Section Technique devient « Ecole Technique » dépendant directement de la Direction de l’Enseignement Technique, et non plus de l’Enseignement Primaire.

Au centenaire de la fondation (1851-1951) ce sont 62 Sœurs qui ont œuvré à Arles et parmi elles :

– Sœur Marguerite, infirmière major à la Croix Rouge d’Arles, morte de son dévouement dans sa quarantième année

– Sœur Gabrielle, au zèle infatigable qui fonde auprès du Docteur Rey le Dispensaire Antituberculeux. Son rayonnement 

  est apprécié dans les 26 Communes dont elle a la charge.

– Sœur Vincent qui durant 58 ans se dévoue auprès de nombreuses générations, tant à l’orphelinat qu’à la crèche. 

En 1954, une Ecole Technique est ouverte dans un immeuble au 4 rue Jouvène. 

En 1955, fermeture de la Crèche pour permettre l’extension de l’Ecole Primaire. 

En 1960, fermeture de l’orphelinat et du dernier Patronage.

En 1963, le Cours Complémentaire passe un Contrat avec l’Etat et devient indépendant de l’Ecole Primaire.

En 1964 la Communauté compte 15 Sœurs. Avec l’acquisition d’un immeuble du 15 rue Paul LacroixL’Ecole Technique est transférée avec 3 Sœurs.

De 1965 à 1967, la carte scolaire d’Arles entraîne le regroupement des Etablissements scolaires : 

–  le Pensionnat Saint Charles est devenu Collège. Il reçoit le Cours Complémentaire Jeanne d’Arc

–  l’Ecole Primaire Jeanne d’Arc reçoit les classes élémentaires de Saint Charles pour former le Primaire de 

   l’Enseignement Catholique d’Arles.

La maison de la rue Paul Lacroix est annexe de la rue Tour de Fabre et deviendra autonome en 1965. Il reste à la Tour de Fabre :  l’Ecole Primaire, l’Internat, deux Sœurs Assistantes Sociales au Dispensaire, deux Centres de Soins, les visites des vieillards à domicile et à l’hospice, les Catéchismes et les Oeuvres paroissiales. 

En 1971, l’Ecole primaire Jeanne d’Arc, appelée aussi Saint Vincent de Paul, compte 250 élèves réparties en 8 classes dont 2 classes enfantines et 1 classe de perfectionnement.

Trois Sœurs ont chacune un secteur déterminé pour assurer les soins à domicile. Deux centres de soins fonctionnent :  l’un au Trébon, l’autre à l’Hôtel de Barras. Quarante à cinquante malades se présentent chaque jour dans les 2 Centres.

De 1851 à 1971, 90 Sœurs ont œuvré à ARLES. Leur nombre est monté de 6 Soeurs puis à 10, 12, et 16 Soeurs en 1963. 

En 1972, l’Ecole Saint Charles fusionne avec l’Ecole Jeanne d’Arc. L’école compte 280 élèves ; elle prend le nom d’Ecole Primaire Saint Vincent de Paul.

En 1975, fermeture d’un Centre de soins

En 1976, deux Sœurs aînées et une Sœur partent en H.L.M. 21 rue Wiston Churchill pour une présence religieuse au milieu des personnes âgées. Cette Communauté annexe est transférée au 15 rue Paul Lacroix trois ans plus tard.

En 1982, fermeture du Centre de soins mais la Sœur infirmière poursuit les soins à domicile.

En 1983, fermeture de l’internat. 

En 1985, fermeture de la Communauté rue Paul Lacroix.

En 1986, arrivée d’une Directrice laïque à l’Ecole Primaire Saint Vincent de Paul avec un effectif de 350 enfants.

Les Sœurs sont au nombre de trois : une Sœur infirmière à domicile, une Sœur à l’économat et la cantine des enfants, une Sœur ancienne qui connaît tout Arles et qui rend de nombreux services à l’Ecole et à la Communauté.

De 1989 à 1993, fusion de la Communauté de la rue Tour du Fabre avec celle de la rue Paul Lacroix. Il reste quatre Soeurs :

– trois au Lycée Jeanne d’Arc rue Paul Lacroix

– une à l’Ecole Primaire Saint Vincent de Paul rue Tour du Fabre 

  L’Ecole reste sous Tutelle de la Province de Marseille des Filles de la Charité.

En février 2015, fermeture de la Communauté.

  • Bonne garde : pour les petits enfants.   

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